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1900
– 1904 : une vie municipale «intense»
par André
Baratier-Buisson
Une
inscription funéraire étonnante.
Le cimetière
de Sardieu, comme tous les cimetières, est un lieu de
souvenir et de recueillement. Les monuments funéraires
disent généralement des lignées familiales,
parfois des bribes d’histoires individuelles : témoignages
de métiers, de carrières remarquables surtout
militaires ou de fonctions électives. Mais, il est rare
que des dissensions de la vie communale soient évoquées.
Or,
une tombe porte une épitaphe (inscription) inhabituelle
: celle de Hyppolite (1)
Antoine DUMOULIN, né en mai 1840 et décédé
en mars 1904.
Il
fut élu et réélu depuis 1888, adjoint au
maire de 1888 à 1896 et maire de Sardieu de juillet 1901
à son décès.

"L'inscription
(épitaphe) sur la tombe du maire Hyppolite Dumoulin".
L’expression
«… les turpitudes des serviteurs de Dieu »
est forte, sinon violente !
L’examen
des archives municipales (le registre des réunions du
conseil municipal de 1898 à 1912) et des archives départementales
(dossiers de la préfecture de l’Isère et
de la sous-préfecture de St Marcellin (2))
a
permis de retrouver une partie de la vie municipale au début
du XXème siècle … qui apparaît
très «intense» !
Les débats,
les tractations, les éclats de voix, ou les disputes
transparaissent peu. Mais de ci de là, dans les relevés
des décisions du conseil, il est possible de deviner
de vives oppositions. Dans les courriers du sous-préfet
au préfet ou du maire de Sardieu au sous-préfet,
l’expression est moins contrainte et les positions politiques
sont plus clairement dites.
Le
contexte national.
En 1900, la
France se divise sur l’innocence ou la culpabilité
du Capitaine Dreyfus. Cette affaire qui fracture profondément
l’opinion publique nationale ne transparaît pas
dans la vie du village. Mais la politique anti-
cléricale du
«Bloc républicain», majoritaire à
la Chambre des Députés accentuée après
la victoire électorale du «Bloc des Gauches»
(alliance des Radicaux et des Socialistes) en 1902 a manifestement
des échos à Sardieu.
Le
contexte local : changement politique de la municipalité
aux élections communales de mai 1900.
De la vie politique
d’un village, il ne reste pas de traces tangibles. Les
listes concurrentes aux municipales existaient, mais elles n’ont
pas été conservées systématiquement.

"Le
seul bulletin de vote retrouvé : élection municipale
de 1896"
Seul
le bulletin d’une liste en 1896 a été conservé.
Il n’y avait pas de programmes écrits (affiches
ou tracts) : la vie sociale masculine (les femmes ne sont
pas électrices) se fait dans les cafés. Or, Sardieu
avec ses huit cafés, dont trois à Poinponnier,
avait des lieux de discussion, de diffusion des idées
et de prises de position.
Une
enquête demandée par le préfet au sous-préfet,
renseignée par le maire radical-socialiste de St Etienne
de St Geoirs en avril 1900, dresse un tableau des couleurs politiques
des communes du canton. Pour Sardieu, il est écrit «Situation
actuelle : municipalité réactionnaire, minorité
du conseil républicaine radicale – Résultats
probables : il est à peu près certain que
les républicains radicaux arriveront en majorité
aux prochaines élections».
La commune, depuis
les élections municipales de 1892, a un conseil assez
stable. Le maire élu en 1892, Joseph CHATAIN, propriétaire
et ancien notaire, démissionne en novembre 1894, officiellement
pour raison de santé, de fait pour un conflit avec un
instituteur (GIROUD). Antoine Victor VIAL (1835-1905) est alors
élu maire par six voix sur onze suffrages exprimés
contre DUMOULIN, alors adjoint.
"L'en-tête
des courriers de Antoine-Victor VIAL (Vuctorin) conseiller municipal
d'opposition entre 1900 et 1904"
Aux
élections de mai 1896, le maire VIAL conduit une liste
dont sept membres sont élus. C’est cette majorité
qui est qualifiée en 1900 de «réactionnaire».
Les cinq autres conseillers municipaux, dont DUMOULIN et Marc-Elie
BERTHON (1842–1911), n’ont pas été
présentés par le maire VIAL et ont formé
la «minorité républicaine radicale».
En mai 1900, le fils
du maire sortant, Antoine Victorin VIAL (1866-1940) –
prénom d’usage : Victorin - se présente.
A défaut de bulletins de vote qui permettraient de connaître
les listes en présence, il est vraisemblable qu’il
conduisait une liste des conseillers sortants alliés
de son père (Cf. le bordereau des opérations électorales
des 6 et 13 mai 1900 à Sardieu - archives départementales).
Au premier tour,
le 6 mai, la participation est très forte (90,8 % :
206 inscrits, 187 votants) et 11 des 12 conseillers sont élus.
Les six conseillers sortants, dont l’adjoint, sont battus
et Victorin VIAL est en ballottage défavorable :
il est précédé de 3 voix par Joseph BERGER.
Au second tour, le
13 mai, la participation est moins élevée (74,3
%). Ce qui laisse à penser qu’il n’y avait
plus d’enjeu aux yeux d’une partie des électeurs.
Victorin VIAL est élu avec 4 voix d’avance sur
Joseph BERGER et 51 % des voix.
Les
querelles municipales.
1 – le nouveau
maire buraliste est démis.
Le 20 mai 1900, à
7 h du matin, élection du maire et de l’adjoint :
12 conseillers convoqués, 1 absent excusé et 1
vote nul. Marc-Elie BERTHON, cafetier et buraliste (vendeur
agréé de tabac, produit sous monopole d’état
et taxé), est élu maire avec 9 voix / 10. Hyppolite
DUMOULIN, cultivateur, est élu adjoint avec 9 voix /
10.
Mais
dès cette séance, Victorin VIAL porte réclamation
quant à la capacité juridique de BERTHON pour
accéder à la charge de maire, car il est buraliste
et assimilé à un agent du fisc. S’il peut
être conseiller municipal, il ne peut être maire
ou adjoint dans sa commune en regard d’un article de la
loi de 1884 portant sur les municipalités.
Le 31 mai 1900, le
greffe du conseil de préfecture accuse réception
d’une lettre de Victorin VIAL. Fin juin 1900, le conseil
de préfecture annule l’élection de BERTHON.
L’accusé de réception de la décision,
à Sardieu, est du 3 août.
Le 27 septembre 1900,
nouvelle élection du maire. Le doyen d’âge
préside. 12 conseillers convoqués, 1 absent excusé,
1 bulletin blanc. Marc-Elie BERTHON est réélu
maire avec 7 voix / 10 !
Nouvelle réclamation
de Victorin VIAL. Le conseil de préfecture annule la
réélection de BERTHON en octobre. Cette décision
est notifiée en novembre. BERTHON porte réclamation
de cette décision auprès du Conseil d’Etat
sur le point que les buralistes ne sont pas expressément
répertoriés comme «agents et employés
des administrations financières».
Dans un courrier de
début décembre 1900, au sous-préfet de
St Marcellin, BERTHON explique : «Je n’ai aucune
insubordination contre les lois de la République, mais
c’est pour répondre à l’inqualifiable
conduite des adversaires de nos institutions que je vais jusqu’au
bout de la juridiction sans illusion sur l’issue du recours».
Dans cette lettre, il qualifie de «nationaliste et clérical»
Victorin VIAL sans le nommer mais en utilisant la formule «le
conseiller municipal, fils de mon prédécesseur,
qui ne fait que protester auprès de votre administration
contre les actes de la municipalité». Il signale
au sous-préfet que ce conseiller municipal a écrit
au procureur de la République pour faire annuler un mariage
célébré début novembre.
Fin mars 1901, le
Conseil d’Etat statue et rejette le recours de BERTHON
en s’appuyant sur la jurisprudence établie pour
des cas analogues car «un titulaire d’un bureau
de tabac est un agent de l’administration des finances».
La décision du Conseil d’Etat est notifiée
à Sardieu fin mai 1901.
Le 14 juillet 1901
à 8 h du matin, 12 conseillers convoqués, tous
présents. Hyppolite DUMOULIN est élu maire avec
10 voix (1 bulletin nul). Début août 1901, l’adjoint
est élu avec 10 voix : Joseph ARDAIN, charron.
Marc-Elie BERTHON,
siègera comme conseiller municipal, jusqu’à
la fin de la mandature (avril 1904), mais il ne participera
plus qu’à la moitié des réunions
du conseil. Sa tombe a la particularité de ne pas porter
de signe religieux, mais une fleur (une pensée) est sculptée
sur le monument où est portée la mention «Maire
de Sardieu».

"Le café
National Bureau de tabac Poste Téléphone et Télégraphe
en 1911
tenu
par Clément SEGUIN après Marc-Elie BERTHON'
2
– La rémunération d’un conseiller
municipal.
Les chemins
vicinaux sont une préoccupation permanente de la population
et donc des élus. Empierrés, ils sont fragiles
en particulier à la mauvaise saison où les roues
en fer des charrettes, chars ou tombereaux les dégradent
rapidement. Un budget spécial est affecté à
la voirie, supervisé par l’agent voyer du canton.
Jusqu’en 1903, les cultivateurs doivent des journées
de travail (transport de graviers, réfection) dites «prestations».
Avec la loi de 1903,
les assujettis aux prestations peuvent les remplacer par un
impôt.
En janvier 1901, le
conseil municipal crée un emploi de cantonnier saisonnier
(novembre à mars) avec un salaire mensuel de 45 francs.
Il est aussi décider de confier la surveillance des travaux,
non plus au sieur BERGERET de St Siméon de Bressieux
qui était payé 5 francs / jour sur 10 jours, mais
à Louis BOUVIER, cultivateur à Sardieu qui accepte
3 francs / jour … mais qui est conseiller municipal !
Absent
à la réunion du 6 janvier 1901, Victorin VIAL
émet une protestation lors de la réunion suivante,
début février, en considérant que Louis
BOUVIER devient «agent salarié de la commune»
et ne peut plus siéger au conseil. L’affaire rapidement
remonte au sous-préfet qui répond au maire (BERTHON).
Celui-ci réunit un conseil extraordinaire le 1er
mars 1901. La séance ne comporte que la communication
de la lettre du sous-préfet. Cette longue lettre est
intégralement recopiée dans le registre des délibérations,
ce qui est exceptionnel. Elle a très certainement fait
plaisir au maire !
Il
est écrit : «… J’ai l’honneur
de vous faire connaître que la protestation de monsieur
VIAL n’est pas mieux fondée que celles que ce conseiller
à déjà produites à diverses reprises
contre votre administration». Suit une analyse de la loi,
des références à des situations semblables.
Conclusion :
le conseiller BOUVIER est payé pour une tâche ponctuelle,
il ne perd pas son éligibilité.
3
– La «translation» (3)
du cimetière.
La
paroisse de Sardieu s’est constituée au Moyen Age
autour d’un prieuré de religieuses dépendant
de l’abbaye de Laval-Bénite, fondée au milieu
du XIIème siècle près de Bressieux
avec l’aide d’Aymard II, baron de Bressieux. La
communauté de religieuses a disparu lors de la révolution
et le domaine, appelé «L’Abbaye» (4),
a été vendu comme «Bien National».
L’ancienne chapelle
trop petite et délabrée avait été
abandonnée pour l’actuelle église, bâtie
vers 1860. Il restait en place le cimetière.
Ce cimetière
était exigu (990 m2), sans concessions familiales, ni
allées. En l’absence de concessions, les fosses
étaient ouvertes sur les tombes les plus anciennes. Or,
la nature du sol (argileux) conservait les corps. L’augmentation
de la population (633 habitants en 1890 – 673 en 1901)
par la création
de l’usine de soierie de Poinponnier, avait amené
à utiliser les mêmes emplacements tous les neuf
ans.
Le cimetière
posait des problèmes sanitaires (exhumations tous les
neuf ans) et affectifs (demandes de concessions familiales).
Un projet de transfert du cimetière avait été
envisagé par la municipalité précédente.
Le 21 septembre 1902,
le maire DUMOULIN présente un accord passé avec
monsieur BERET, propriétaire du domaine de l’Abbaye :
Monsieur BERET offre un terrain au Courty de 20 ares (18 ares
lui appartenant et 2 ares achetées sur la parcelle voisine)
et tout le gravier nécessaire pour édifier le
mur de clôture. Il prend à sa charge le déplacement
du chemin rural au sud du futur cimetière. En contre
partie, il aura la propriété de l’ancien
cimetière dans un délai de 10 ans : délai
pour l’enlèvement de stèles et monuments.
Cet accord est voté en novembre 1902 (7 voix pour, 3
contre – 2 absents).
Victorin VIAL s’oppose
au nouveau cimetière. Il propose l’agrandissement
du vieux cimetière : au sud, la maison BERET serait
enclavée dans le cimetière, à l’est,
le chemin d’accès à l’Abbaye serait
à déplacer, à l’ouest, il y a un
jardin clos et au nord, le coteau est très pentu. L’agrandissement
serait plus coûteux (achats de terrains, travaux de soutènement,
déplacement du chemin à payer par la commune)
que le projet du maire.
Image extraite du
cadastre napoléonien conservé aux archives municipales
de Sardieu
Une
enquête «Commodo et Incommodo» est conduite
du 23 mars au 6 avril 1903 inclus. DUMOULIN ne mobilise pas
les partisans de la «translation» (2 avis pour).
Par contre, les opposants se mobilisent.
Le
commissaire enquêteur recueille 108 protestations (dont
2 conseillers municipaux) et après avoir écrit
tout le bien qu’il pensait du projet du maire, propose
de surseoir au nouveau cimetière devant l’absence
de partisans déclarés.
Le
6 mai 1903, le conseil se tient en réunion extraordinaire
(seul absent : Victorin VIAL). Le compte rendu est très
long.
Le
nombre 108 de «protestataires» est ramené
à 83 (20 femmes non électrices, un mineur, une
double signature, un habitant sans droits civiques, deux habitants
de villages voisins) et est comparé aux 219 électeurs
inscrits.
La
municipalité en place se qualifie par deux fois de «républicaine».
Ce qui dans le vocabulaire politique de la période la
situe à Gauche autour du parti Radical-Socialiste. Il
est fait un compte rendu minutieux de l’action de la municipalité
depuis trois ans en insistant sur la bonne santé budgétaire
de la commune (pas d’augmentation des impôts et
des réserves financières passées de 466
francs en mars 1900 à 2120 francs en mars 1903). Après
ce plaidoyer, le conseil demande l’accord du préfet
pour commencer de suite les travaux du nouveau cimetière
par 10 voix contre 1.
A
partir de cette date, Victorin VIAL, ne siège plus au
conseil, jusqu’à sa réélection aux
municipales de mai 1904 (toujours dans l’opposition).
En
septembre 2003, le mur d’enceinte est construit.
Les
prix des concessions (perpétuelles, trentenaires
et temporaires) sont fixés et un cahier des charges est
dressé … où toute inscription sur les monuments
funéraires doit être soumise au maire ! Les
travaux du cimetière sont réceptionnés
début juin 1904.
Décédé
brutalement le 18 mars 1904, le maire DUMOULIN a été
un des premiers, si ce n’est le premier inhumé
dans le nouveau cimetière. Son adjoint Joseph ARDAIN
assure la fonction de maire durant les quelques semaines restantes
avant les élections de mai 1904.
Les
résultats ne changent pas l’orientation «républicaine»
du conseil. Mais Victorin VIAL a deux soutiens dans les élus :
des responsables de la «Fabrique» (5).
Le 15 mai 1904, Joseph ARDAIN est élu maire (12 votants,
1 blanc) avec 7 voix. Antoine ROLLAND, est adjoint avec 8 voix.
Une
municipalité très active.
Au-delà
des principaux thèmes de discorde relatés ci-dessus,
ce qui frappe à la lecture des comptes rendus du conseil
entre 1900 et 1904, c’est l’importance des chantiers
lancés :
-
La
construction de la mairie école. Les plans étaient
prêts depuis l’été 1897. La municipalité
relance, en décembre 1900, le projet car les locaux
de l’école de garçons (actuelle salle
des fêtes) sont exigus et demandent de gros travaux
et pour laïciser l’école de filles tenue
par des religieuses et installée au Pavé (actuelle
maison CRETINON). Après quelques retards (discussion
avec le ministère sur le nombre de classes, l’emplacement
exact, l’adjudication refusée par le préfet
en août 1903, un changement d’entrepreneur,
des tractations avec le Crédit Foncier de France
sur le taux d’intérêt de l’emprunt
de 17198 F à 3,95 % sur 30 ans), les travaux commencent
dans l’été 1904 et les classes s’installent
dans le groupe scolaire le 1er octobre 1905 …
mais avec 4 classes (non mixtes) car l’effectif est
de 54 filles et de 64 garçons. La mairie reste dans
son ancien local, avec des réparations en 1907. L’actuelle
salle de mairie accueille la 4ème classe
demandée en 1901 et refusée ;
-
La
construction de ponts sur le Poipon et le Rival en 1903.
Après des échanges avec la préfecture,
trois ponts sont construits : deux sur le Poipon :
Chemin Neuf, Vie de Foyaret et un sur le Rival : chemin
de Chatenay.
Celui du chemin de la Combe (Rivoire) sera construit après
1910 et celui sur le Rival (Blaches de Chalambrier) restera
en projet. Pour compléter les subventions, la commune
emprunte 3725 F à 3,65 % sur 30 ans à la Caisse
Nationale des Retraites pour la Vieillesse ;
-
La
création d’une carrière municipale (appelée
«gravelière») pour fournir des pierres
et du gravier pour la réparation des chemins. La
première parcelle de 330 m2 acquise en 1901 (225
F) ne suffisant pas, une seconde parcelle de 990 m2 est
achetée en 1904 (600 F). Cette carrière se
situait au Courty, vers la jonction des chemins de la Rivoire
et de la Combe ;
-
La
mise en place d’un pont-bascule (1550 F) destiné
au pesage des marchandises transportées par les tombereaux
ou les charrettes en 1903. Il a été installé
sur la place du village, à la jonction du chemin
du Videau et de la rue principale. Sa gestion par bail a
été confiée à la Veuve SEGUIN,
«limonadière» ;
Ce
qui frappe, à la lecture, des documents d’époque,
c’est le souci d’une bonne gestion. Tout économie
est bonne à faire et le poids des emprunts est manifestement
pesé.
La
municipalité, ayant des réserves financières
auprès du percepteur décide en 1902 de rembourser
le solde de 2898 F pour un emprunt de 1894.
En
1903, il fait un emprunt à 3,85 % sur 30 ans auprès
de la «Caisse des pensions viagères et des secours
du Théâtre national de Paris», soit l’Opéra,
pour solder un emprunt effectué en 1896 auprès
du Crédit Foncier de France à 4,15 % : les
annuités du nouvel emprunt ne sont que de 830 F / an
contre 1305 F et la commune économisera au total 3820
F sur 30 ans …
Donc,
de 1900 à 1904 la vie municipale fut agitée, avec
en contrepoint beaucoup de projets aboutis ou lancés.
Les réunions du conseil ont été très
fréquentes : 56 en 4 ans, soit une moyenne de 14
/ an (contre 6 en 1899 ou 8 en 1910). C’est pourquoi il
est possible de la qualifier d’«intense».
Après
les élections de 1904, il y eut le vote de la loi
de séparation des Eglises et de l’Etat en décembre
1905. L’inventaire des biens (meubles, cloches, statues,
objets du culte, ornements, vêtements sacerdotaux …)
de
l’Eglise de Sardieu a été effectué
le 4 mars 1906 par le percepteur de St Etienne de St Geoirs.
Le curé Roudet et les représentants de la Fabrique
ont appliqué les consignes de calme de l’évêque
de Grenoble et lu une protestation.
Les
derniers échos des querelles «Cléricaux
/ Anticléricaux» se sont éteints avec le
règlement de la location du presbytère au curé.
Il est écrit au compte rendu du conseil du 27 juillet
1907 : «Monsieur le maire, en agissant ainsi, a évité
le déchaînement de la guerre religieuse dans la
commune en agissant conformément à la loi».
-
L’orthographe
la plus courante est «Hippolyte».
-
Sardieu,
comme Penol, fait en 1900, partie du canton de St Etienne
de St Geoirs, donc de la sous-préfecture de St Marcellin
(aujourd’hui supprimée).
-
«Translation»
est le terme utilisé pour le transfert, déplacement
du cimetière. Actuellement :
propriété POLLIER.
- «Fabrique»
est le terme désignant alors le conseil de gestion
de la paroisse à côté du curé.
Aujourd’hui, l’équivalent est «L’Union
Paroissiale».
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